samedi 28 août 2010

Clairvoyance




La pleine lune me nargue

derrière ses nuages blancs elle m'épie
et oublie dans son ignorance
qu'un joli contour d'une beauté
séductrice de blancheur voilée 
ne saurait échapper à des regards ébahis

la belle
se détache lascivement de ses tissus
posture princière d'une reine
dans un ciel constellé

une nuit de pleine lune
l'une fait oublier l'autre
lunatique je suis 

jeudi 1 juillet 2010

Les mues



Pluie princesse des lieux nous a quitté en cédant la place aux rayons torrides d'un soleil radieux. Jouer la muse m'amuse. Je contemplais ,allongée, ce morceau de ciel. J'aime cette parcelle où s'étirent des nuages dolents. leur mue me fascinait. Absorbée par une myriade de sensations éparses, je n'avais pas senti l'assombrissement soudain du ciel.

Il fallait ramasser le linge qui pendait ici et là sur des lignes rectilignes. Beaucoup de joie se sentait dans cette course contre le mauvais temps. La pluie est la bienvenue là-bas où je suis née. Elle adoucit l'humeur, adoucit l'atmosphère, déride les visages anxieux et brûlés.

Petite, ma grand mère me conseillait de dénouer mes cheveux, de les exposer aux gouttelettes de pluie. Parait-il, la pluie avait des pouvoirs surnaturels bénéfiques aux cellules capillaires. Je souris et continuai à ramasser le linge.

Comment dire le vent qui jouait de mes cheveux dans tous les sens? Sinon se laisser imprégner par sa paroi et avancer dans sa direction , le pénétrer en sachant que derrière, au loin des particules de ma peau et mon odeur , arrachées de ce contact,  l'accompagnaient dans sa course fougueuse.
Pluie princesse des lieux donne une nouvelle vue au paysage avancé. Je me mis à repenser à cette histoire de Muse.

Socrate racontait un jour à ses amis qu'avant la naissance des Muses, les cigales étaient des hommes. Mais quand la voix modulée vint au monde, il y eut des êtres si amoureux de chanter que leur gorge ne perdit jamais, par la mue, son pouvoir de soprano. Ils chantaient. Cette passion leur fit oublier le boire et le manger. Ils passaient ainsi de la vie à la mort sans même s'en apercevoir. De ces hommes naquirent les cigales. les Muses leur accordèrent le privilège de pouvoir se passer de nourriture. Dès le moment de leur éclosion, et jusqu'à leur mort, elles chantent inlassablement, sans aucun besoin d'eau ni de sel.
...



lundi 31 mai 2010

Prélude de la vie, terre des hommes, ma mère.



Titre du célébrissime  humaniste Saint Exupéry. La Terre des hommes


Que faire, que dire, quand le titre dépasse tout dire?  Un projet grandiose certainement si l'on se réfère au contenu et son champ sémantique.
Terre et homme.
 Si la terre est mère nourricière ,l'homme  semble être un parasite loin de l'humanité et des principes humains célébrés par les anciens qui vivaient en parfaite symbiose avec cette mère tantôt tendre tantôt caline ou canine. Une mère reste une mère.

Généreuse, elle donne jusqu'à le un sixième de la masse adipeuse cérébrale, son ossature, son fer, ses sels minéraux... à son bébé.

Entrailles curieuses, utérus triangle d'eau.

Si la délivrance pour l'enfant est une souffrance, pour la  mère c'est la dépression, la déperdition, la déchirure, le déséquilibre hormonal , physique, psychique, affectif.

Ma  mère, ma foi, mon foie siège de la montée des énergies accomplies.
 Je t'aime.

Entrailles curieuses, foie triangle de feu.

Il devient de plus en plus évident que pour que la lumière soit perceptible, il faut auparavant descendre dans les profondeurs de la terre qui en recèle les énergies.

Au coeur même de son être, la mère porte le soleil .


l'amour est don est aussi réceptivité. Jaillissement , irradiation sans fin.Il est aussi vide parfait et totale attraction.

Ma mère, berceau  du seul printemps, matrice du seul soleil qui donne la vie. Là, brûle le feu qui ne consume pas.

jeudi 1 avril 2010

Pause

*
Si vigoureuse fut mon imagination, sans cesse se heurta-t-elle à un mur de règles. Et je devais d'escalader cette falaise avec mes boulets noirs.Du coup je me demandai d'où le fer tire-t-il sa couleur rouge vive sous les flammes?
Ma flamme fut autre, ou dussé-je dire inflammation ce qui est plus proche de l'exactitude.Le désir, lié au principe du plaisir, supporte peu par lui même le délai: il est égocentrique et magicien. Il exprime la force de la vie, non l'adaptation objective et courageuse aux nécessités présentes.
Rêver de châteaux en Espagne, du grand amour, de grandes richesses, ou uniquement de romances sans lendemains n'est ni indiquer les moyens de les obtenir, ni être capable de supporter la longueur du chemin qui peut y conduire. Le désir peut se décourager devant l'obstacle. Sa force ne donne pas automatiquement le pouvoir de persévérer.
La vie et les hommes me firent renoncer et abandonner la partie. J'affrontai l'épreuve sans faiblir alors que mes neurones furent rongés: ni matière blanche, ni matière grise ne furent épargnées encore moins le corps jaune.
Blanc,jaune, rouge, gris mon spectre lumineux éclatait en une danse douloureuse de lambeaux éparses.
Ce coeur jaune souffrit-il cette étreinte mortelle aussi passionnelle soit-elle?
La lumière et ce qui s'accomplissait sous la lumière retinrent mon attention vagabonde, me donnèrent le vertige. Fallait-il voir de mes propres yeux ou de ceux de l'insecte?
La nature me dévoila en avant première une leçon de sincérité sans pudeur aucune sous mes yeux ravis de voir tant d'ardeur et de passion. Quand la vie nous offre un moment de répit, le saisir est de rigueur.
Le cercle jaune de la fleur débordait de séduction, mué en la forme même que le désir de l'abeille appelait. Un coeur palpitant tapi dans sa forme d'objet offert à ce désir agité de frissons au bord de l'écroulement.
L'instant de se mêler à la vie, se livrer au grand jour, au secret de sa raison d'être. L'abeille s'y noyant d'ivresse, frénétique. Et la fleur qui en son sein accueillit l'insecte se fit elle-même jaune.
Dans mon univers glacial, malgré la chaleur perceptible en petites vagues printanières, toutes choses se retrouvèrent à égalité. Le charme s'évapora entre le vol de l'insecte repu, les secousses de la fleur et le bruissement de la brise se faufilant entre les branches.
Les sentiments qui me parcoururent, s'éteignirent.Je m'immobilisai. Le temps seul se mouvait encore.
Chaque fois que je voulus me perdre dans le bonheur et les voluptés de l'existence, a-il une seule fois feint de ne rien voir? Et eussé-je le désir de m'y incorporer, ça ne pouvait être que pour un instant... l'instant d'une leçon des choses de la vie.
*

samedi 6 mars 2010

Figures de style

...
La copie originale:oxymoron ou oxymore,
deux termes qui s'annulent
et pourtant
Le négatif n'existe pas
le négatif n'est qu'illusion
ombre du problème
alors que
le non-être existe bel et bien
par rapport à un être qui n'est lui même que répétition
commencement, recommencement de l'étant
une copie conforme
cependant
une origine n'est assignée que dans un monde qui conteste l'originel... autant que la copie
fondement d'un monde déjà précipité dans l'universel effondrement.
Le négatif est une illusion
c'est seulement l'ombre des problèmes
une identité: un Je, un Moi anaphorique
combien grossier paraissent les oppositions, les conflits, les contradictions les antithèses, les affrontements, les confrontations?
Profonde dénaturation dans un monde à la limite d'une dégradation
La ligne du hasard tisse les singularités
coups de dés
ou problème du lancer?
une image falsifiée
du problème on n'a que son ombre: faux problème...
Si bien que
La solution se trouve toujours pervertie par une inséparable fausseté
...

jeudi 4 février 2010

Rire flou



C’est fou

Le ciel et son rire fou

Affolée je fus

Son rire éclata comme le tonnerre

Ma poitrine se soulevait sous ses spasmodiques vibrations

Un rire vrai, un rire tendre

Me caressant le creux du cou

Quand le souvenir revient la sensation aussi

Et mon rire enchaîne le rire du ciel fou

Fou rire ou ciel fou


C’est fou ce qu’on a ri de bon cœur.

mercredi 6 janvier 2010

L'écart


Tel Icar, rien ne me désignait pour aborder la vie par sa surface claire
Par quelle voie ténébreuse et détournée 
Par où prendre la vie à revers
Quelle impasse!
Objet de désir penses-tu?
La vie, disais-je
Aller de l'avant et  continuer à conquérir
Quelle barrière devrais-je franchir?
Limite avant la marge, l'écart.
Incapables de franchir mes lèvres, les mots
Bloqués dans ma bouche, m'étranglaient
Parole
Ouvrir la bouche, s'emparer de la vie
Même en bégayant...




... L'instant prend couleur d'éternité
L'éternité revêtant l'aspect d'un instant
L'inaltérable beauté est capable de paralyser nos vies
De distiller ses poisons dans nos existences
Anéantissement lumière sale
L'instant d'illusion, vol monotone
Tel une pierre, Icar choit
Solitude infinie, 
Fort goût d'absence.